La communication est au carrefour de plusieurs métiers :
il y a le rôle irremplaçable de l’entreprise
qui façonne ses produits ou ses services, celui du marketing
qui permet de mieux définir son positionnement et son angle
d’attaque, celui de la régie à laquelle on
confie le soin de définir son espace d’expression,
et, at last but not at least, le rôle de celui qui va formuler
le message publicitaire. Et c’est souvent à cet endroit-là
que tout se complique…
La création du message publicitaire est un acte extrêmement
engageant dans la qualité et la performance d’une
annonce. Il s’agit de la parure du message. Et la parure,
c’est ce qui se voit immédiatement…
Quand on vous présente une personne que vous ne connaissez
pas, votre premier contact c’est l’aspect extérieur :
elle est souriante ou sévère, bien habillée
ou négligée… Vous ne pourrez vous empêcher
de juger, même malgré vous, vous aurez un a priori
favorable ou défavorable. La différence c’est
qu’en faisant connaissance avec votre nouvel interlocuteur,
vous pouvez être amené à rectifier votre premier
jugement, voire à le changer radicalement. Il en va tout
autrement en communication. La première impression est
la bonne : on accroche ou l’on n’accroche pas,
et si l’on n’accroche pas, on zappe irrémédiablement.
Devant cet état de fait, de quel moyen dispose-t-on pour
se garantir de la fuite des lecteurs ? Eh bien… La
création pardi !
Quand on communique, on s’adresse à un individu
isolé qui ne demande rien à personne. On fait irruption
dans sa vie pour lui proposer un message, un produit ou un service
auquel il ne pense pas forcément au moment où il
feuillette son quotidien favori. La moindre des choses est de
frapper avant d’entrer, d’établir avec lui
le lien de connivence qui lui donnera par avance un agrément
favorable sur l’annonce qu’il a sous les yeux. Dans
le contexte d’un journal, l’individu en question est
en quête d’informations et la publicité est
pour lui un plus qui vient le renseigner sur de nouvelles offres.
La forme que va prendre cette offre est déterminante sur
la relation qui va s’installer entre le lecteur et la marque
qui s’adresse à lui. Vouloir informer trop rapidement
n’est pas forcément la bonne solution : un clin
d’œil, un trait d’humour, un zeste d’impertinence
permettent bien souvent d’attirer l’attention et de
prendre le lecteur par la main pour l’informer plus efficacement.
Reprenons l’exemple que l’on attribue traditionnellement
au publicitaire David Ogilvy. Se rendant à son agence,
il croise régulièrement un mendiant dont l’écuelle,
toujours vide, est posée à côté d’une
pancarte sur laquelle on lit : « Je suis aveugle ».
Un jour, le publicitaire retourne la pancarte et écrit :
« Demain c’est le printemps et je ne le verrai
pas… ». Et ce jour-là, la légende
dit que l’on vit son écuelle se remplir miraculeusement.
La parabole est belle, elle est surtout vraie pour la formulation
du message publicitaire.
Raison de plus pour attirer l’attention de façon
originale et attrayante par le visuel et par l’accroche
de votre message : la créativité est le meilleur
moyen de se garantir une visibilité maximale.